Dimanche 6 juillet 2008

Comment ? Pardon ? Hein ? Quoi ? Tu peux répéter ?

Doucement, ne partons pas, restons encore un peu s’il te plaît

Douteux sentiment d'une partition incomplète et d'une encre stoppée

Goût amer, sans piment, à la vue de cette pierre tombale, je ne peux réprimer une onomatopée

 

« Pouah! », mais qu'est-ce que c'est que ça?

J'ai la poisse, cette caisse en ébène ne m'excite pas

C’est l'impasse, j'encaisse mal, j'ai la haine du mot « exit », moi!

Si j'avais su que l'on allait ainsi m'interrompre

C’est jamais sûr que se représente l'occasion d'une telle rencontre

J’aurais pris mes chaussures taille 50 afin qu'on m'applaudisse à tout rompre

« Du jamais vu, vous allez assister à une inhumation en grandes pompes !»

 

Mais revenons à nos moutons et à notre bonne vieille terre

Ce revenant plein d'émotion sortant étonné de sa mise en bière

Rêvant maintenant, blême et osseux, d'hortensias plutôt que de chrysanthèmes, vénère

Blâmant vainement, en blasphémant, les cieux, leur horde voire même les petits hommes verts

Clame naïvement, las et fumant, que ceux à l’origine de sa mort le rejoindront au cimetière

 

Envoyé vers l’autre monde, pris par la colère, l’angoisse et la déception

Je prends peur et bondis en voyant que l'on tolère l’usage de ma langue acide et de ma réflexion

« Ouah, c'est trop cool, serais-je en train de ressusciter ? »

Sans voix, je pense troquer ma rage contre de la félicité

Cent fois, je danse dans les parages, drogué par ce contrat vers l'au-delà périclité

Sans soif, je bois dans le troquet à deux pas des trépassés, rongés par les vers en toute tranquillité

 

En fait, mon nouveau maître m'épiait et a brisé le mystère

J'ai eu tôt fait de me maîtriser et lui de me remettre les deux pieds sur terre

Avant, paradoxalement, d'effectuer sa traîtrise et de m'envoyer en enfer

Avec l'apparence d'un boxer allemand, il m'a toisé, fait la bise et asséné, tout fier:

 

« Salut, comment vas-tu ? Je me présente, on m'appelle la Mort

T’as lu, su ou vu des commentaires déplaisants sur moi, on me met au pilori à tort

Des hurluberlus déconnant dont je tairai le nom plaisantent, sournois, et me nomment Martopikor

Je hurle, j'ai la berlue, car la Bonté est réellement mon amie... Ceci prouvera que je peux faire des efforts !

 

Aussi vrai que tu es décédé et que l'on ne peut rien faire pour toi

J'ai décidé d'accepter de te délivrer et de ne pas t'importuner, sans faire-part, tu vois

Pour éliminer ta déception et te laisser t'enivrer moralement une dernière fois

Mais cette idée exceptionnelle ne t'es livrée que pour peu de temps, il ne faut pas traîner, crois-moi

L'opportunité est fixée à quelques secondes, mon personnel dit déjà que je suis givré

Et, si j'en avais une, ma hiérarchie viendrait me taper sur les doigts

Ensuite, tu apprécieras mon hospitalité, tu verras je dis vrai

Bienvenue au pays de la laïcité, personne ne me dirigera dans cette monarchie dont je suis le roi »

 

 

Suite de cette histoire incroyable dans Profite’n Roll part II (« Amor, amor »)

 

Par Aura Ray et l'Oumanoumesque Orchestra - Publié dans : *LA MORT
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Commentaires

to be continued?but when??? j'apprécie vraiment, j'éspère que tu vas continuer à ecrire!!
Commentaire n°1 posté par Victor's mum le 06/07/2008 à 21h04

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