Ca y est, voilà, fallait que ça arrive!
J'ai beau batailler, vouloir m'emballer, je pars à la dérive
Si je raconte des bobards, je vais me faire tailler, en dépit de ma persévérance maladive
Mais sur mon cahier, c'est le grand trou noir, j'endure mon errance comme une endive
Dans mes méninges, c'est le plat pays, le terrain vague, bref le néant
Pourtant, je ne me ménage pas, ni ne divague, je suis pas flapi, je suis pas feignant
Allez, c'est important, faut que ça déménage, ni une ni deux, pas de blague, pas de feinte, pas de faux-fuyant
Ardente, mon imagination doit flotter dans les nuages et nager à travers les vagues, au fin fond des océans
Sans quoi je vais bloquer, ma pagination rester nulle, ça me restera en travers de la glotte de vous fournir un truc vague, désossé, un vide béant
C'est clair, si je veux pas me faire rosser, élaguer, puis vider, il me faut une flopée d'idées... Mais pas dans vingt ans!
Je pige pas, dans le train généralement ça fonctionne à merveille
Je mets pas dix piges, au cours du trajet, pour que s'actionne ma cervelle
Cette fois, mon attention se fige, je guette l'étrange, l'anormal, l'exceptionnel
Je reste comme une tige à mater les gens râler et les fonctionnaires pour me mettre la puce à l'oreille
Je peste comme un tigre, dur à avaler, je n'ai qu'un truc embryonnaire et le terminus approche à une vitesse démentielle
Rien à faire, faut que je lâche du lest, et même si je suis intègre, je me mets à émettre de minables astuces pour éviter un fiasco pareil
De quoi pourrais-je parler? Des sièges? Du monde? Des retards?
Tu parles, c'est pourri, la honte m'assiège, je racle vraiment les fonds de tiroir
Quitte à bâcler, autant s'époumoner à propos des yaourts de Liège ou des réunions Tupperware
Tu mérites une raclée, Aura Ray, y'avait pourtant pas de piège, tu as besoin de repos et tes rébus il va falloir les revoir
OK, drapeau blanc, je jette l'éponge, j'abandonne
Faut que j'y songe, un repos draconien, une glande en bonne et due forme
On peut pas lutter, quand le bonnet d'âne vous guette, que la page blanche vous assomme
Faut pas être buté, quand la panne vous mène à la baguette, cessez la quête en plongeant dans vos songes: faites un p'tit somme!
Le pire, dans cette histoire, c'est que je vous laisse sans quoi que ce soit
Mon empire pour un dortoir, vu que je vous délaisse... C'est le couac et ça me déçoit
C'est pas en roupillant comme un loir que j'aurai un sept d'or, ça me blesse, j'suis un couard, ça me rend pantois
On se sépare sur un soupir, j'assume ma faiblesse, mon coup à blanc, mais ça me hante déjà: "Nous qui croyions en toi!"
Soupe-au-lait, l'amertume m'agresse, je voulais rouler la caisse comme le loup blanc mais je ressemble plutôt à Rantanplan.. "Ouaaah, ouaaah"
C'est ballot, même sans omerta j'ai pas réussi à bouger ma graisse, donc je m'empresse de mettre un terme à ce chou blanc, on était bien ensemble, désolé de vous laisser en plan...
Ce sera pour la prochaine fois!
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